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doual’art, une composition esthétique de l’en-commun

Ⓐ Texte de Patrick Ngouana 

Ⓐ Production Artopia 2026

Biographie de l'auteur

Référence : ARTOS20263103PN

Résumé

Mots-clés :

Art public ; Espace public ; Identité collective ; Imaginaire ; Mémoire ; Décolonisation ; Sociabilité ; Cameroun ; En-commun ; Médiation culturelle

Dans le contexte camerounais contemporain, l’appartenance nationale et le sentiment collectif traversent des tensions mémorielles et historiques héritées de la colonisation.

Cet article examine comment doual’art, à travers ses interventions dans l’espace public et ses projets curatoriaux, participe à la recomposition des identités collectives et à la création d’un en-commun dynamique.

En mobilisant l’art public comme dispositif relationnel, l’institution transforme les pratiques quotidiennes, les imaginaires et les usages urbains. De ce fait, doual'art démontre que l’identité collective se construit dans la mémoire, les gestes, les interactions et les expériences partagées.

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Le Théâtre-Source, Philip Aguirre y Otegui, art public, 2010. © Photo : doual’art

Introduction

Au Cameroun, les termes « patrie » et « nation » se sont progressivement imposés dans les discours médiatiques, politiques et ordinaires. Ils circulent comme des signifiants fédérateurs, mobilisés pour invoquer l’unité, la loyauté ou la défense d’un territoire commun. Pourtant, derrière cette apparente évidence s’esquisse une interrogation plus profonde : que signifie aujourd’hui appartenir à une patrie dont les fondations ont été successivement redéfinies par la colonisation, les partitions administratives et les recompositions politiques postindépendance ?

 

Si l’État camerounais existe juridiquement, institutionnellement et géographiquement, le sentiment partagé d’appartenance demeure traversé par des tensions mémorielles, linguistiques et régionales. Cette situation renvoie à ce que l’économiste et penseur sénégalais Felwine Sarr décrit comme une « crise de l’imaginaire »¹ : une difficulté collective à produire des représentations autonomes du futur lorsque les cadres symboliques hérités de la colonisation continuent d’orienter les manières de penser le politique et le commun. L’imaginaire, loin d’être secondaire, constitue un territoire stratégique où se définissent les formes possibles de coexistence. Dans ce contexte, la création contemporaine apparaît comme un espace privilégié pour interroger, déplacer et recomposer les représentations collectives.

 

Depuis sa fondation en 1991 à Douala par la Princesse Marilyn Douala Manga Bell et feu Didier Schaub, doual'art investit l’espace urbain comme lieu critique et relationnel. Sa mission consiste à soutenir la création contemporaine, à inscrire l’art dans l’espace public et à favoriser des dynamiques participatives impliquant artistes, habitants et chercheurs. Loin de produire un discours officiel sur la patrie, l’institution a su créer des situations où celle-ci peut être pensée autrement : non comme un slogan figé, mais comme un processus en construction. C’est à partir de cette articulation entre histoire, imaginaire et création que prend forme cette traversée, où le commun se compose comme une œuvre jamais inachevée.

I. Décoloniser et recomposer notre rapport à l’appartenance au commun

Décoloniser et recomposer notre rapport à l’appartenance signifie interroger de manière critique les cadres symboliques et politiques à travers lesquels nous nous définissons collectivement. Il s’agit d’examiner la notion de patrie non comme une évidence naturelle, mais comme une construction historique marquée par des héritages coloniaux, des fractures mémorielles et des usages politiques. Recomposer l’appartenance suppose donc de déplacer ces cadres afin d’ouvrir la possibilité d’un commun plus inclusif et relationnel. Cette relecture exige d’abord de distinguer les notions voisines de nation, pays et patrie.

 

La nation renvoie à un projet politique partagé, à ce que Benedict Anderson nomme une « communauté imaginée »², structurée par des institutions et des symboles. Le pays désigne un espace géographique et culturel où s’expérimente les éléments reliefs, langues, rythmes dans une dynamique relationnelle. La patrie, quant à elle, relève d’une dimension plus intime : une mémoire intériorisée, façonnée par l’histoire et par le sentiment d’un destin collectif, ce que Fatou Diome désigne comme le « pays premier »³. Ces registres se croisent sans se confondre. On peut reconnaître un État sans s’y identifier profondément ; on peut vivre sur un territoire sans partager une mémoire commune. C’est dans cet écart que s’inscrit la nécessité d’une recomposition critique pour doual’art.

 

Au Cameroun, les récits coloniaux ont profondément complexifié la construction d’une identité nationale commune. Les administrations allemandes, puis française et britannique, ont établi des classifications ethniques destinées à faciliter le contrôle du territoire. Ces catégories, issues d’une logique de gestion et de fragmentation, ont été en partie réinvesties après l’indépendance. Elles ont contribué à renforcer des hiérarchies symboliques, alimenter des rivalités régionales et fragiliser l’émergence d’un imaginaire partagé. Décoloniser l’idée de patrie ne signifie pas effacer l’histoire, mais transformer aussi ces catégories figées en espaces de relation. Par exemple en abordant la notion de « matrie » l’on s’ouvre à cet égard une perspective féconde : celle de penser l’appartenance non comme une injonction verticale, mais comme un lien horizontal fondé sur la transmission, le soin et la mémoire sensible. Il s’agit de réapprendre à lire nos différences sans les hiérarchiser et réfléchir à comment transformer les frontières symboliques en constellations relationnelles.

II. L’art public comme une socio-esthétique de l’en-commun

L’art public est au cœur des réflexions et des investissements de doual’art. L’institution ne se limite pas à intervenir sur des lieux physiques : elle investit l’espace urbain pour créer des situations où lien social, expérience sensible et participation collective se rencontrent. Ainsi, la démarche de doual’art consiste à concevoir l’espace public comme un territoire commun, un espace de relations et d’expériences partagées, où se construisent sociabilité, mémoire collective et sentiment d’appartenance. L’art public devient ainsi un outil privilégié pour produire et médiatiser des expériences communes. Comme le note Nicolas Bourriaud (Esthétique relationnelle, 1998), l’art contemporain ne se limite pas à créer des objets, mais construit des situations où les relations entre individus sont centrales, transformant l’espace public en lieu de sociabilité, d’échange et de co-expérimentation. L’action de doual’art illustre parfaitement cette logique : l’œuvre n’est pas seulement un objet plastique, mais un dispositif relationnel capable de créer du lien, de faciliter les interactions et de transformer les perceptions de la ville, tout en produisant des situations où se recomposent les liens et le sentiment d’appartenance. C’est notamment le cas du SUD (Salon Urbain de Douala), festival triennal lancé par doual’art en 2007 ou quelques-unes de ses commandes transforment la ville de Douala en musée ouvert. Il invite des artistes à réaliser des projets in situ, questionnant les enjeux urbains, sociaux et culturels, tout en favorisant la participation active des habitants.

Parmi les productions emblématiques de l’art public à Douala, certaines révèlent la puissance relationnelle et sensible de la ville. La Nouvelle Liberté (1996) de Joseph Francis Sumegne, communément appelée Ndjoun Djoun au rond-point Deïdo, est réalisée à partir de matériaux récupérés dans un contexte de réemploi urbain. Elle ne se limite pas à une simple sculpture. L’œuvre dialogue avec les passants et leur renvoie ce qu’ils ont en partage dans l’espace public. Elle convoque un imaginaire lié aux fétiches, aux déchets que chacun rejette dans la ville et à des formes d’identité collective visibles dans les affiches publicitaires ou dans certains signes institutionnels comme le passeport de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC).

En 2007, Alioum Moussa réalise La Passerelle de Bessengue afin de relier des quartiers longtemps isolés en raison de tensions liées à la circulation et aux formes d’urbanité. L’œuvre projette ainsi un imaginaire de coexistence et de mobilité. Jusqu’à aujourd’hui, elle agit comme un catalyseur de rencontres et d’interactions pour les habitants de Bessengue. Elle donne corps à l’idée d’un en-commun sur un territoire qui était auparavant marqué par le désaccord.

Enfin, Le Théâtre-Source de Philip Aguirre y Otegui, réalisé en 2013 autour d’une source naturelle à Ndogpassi III, transforme un simple point d’eau du quartier en un amphithéâtre. Ce lieu se situe dans un environnement marqué par la délinquance des jeunes et par diverses tensions entre générations. L’intervention artistique convertit cet espace en un lieu de sociabilité, de cérémonies et de coexistence.

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Joseph Francis Sumegne, La Nouvelle Liberté, Art public,1996. 

© Photo : doual’art

Ces chefs-d’œuvre illustrent pleinement comment l’art public peut créer des situations où se recomposent liens, histoires et perceptions collectives de la ville. Elles démontrent que l’art public n’est pas seulement visuel, mais relationnel : il fait de la ville un territoire de co-expérimentation, de mémoire et d’appartenance, incarnant l’en-commun à travers la création collective.

 

Ces réalisations s’accompagnent de médiation socio culturelle vouées à leur appropriation par les communautés, les visiteurs, les élèves, et la ville elle-même. L’une de ces initiatives, l’École du Dialogue engage les jeunes dans des activités d’éducation à la sensibilité artistique, à la création et au civisme, faisant de l’art public l’objet d’une dynamique interactive et d’appropriation. Le programme DVAH (Douala Ville d’Art et d’Histoire), quant à lui, propose des visites destinées à des publics variés afin de transmettre les récits et les enjeux des différentes œuvres.

 

Ainsi, à travers ses œuvres et ses dispositifs, doual’art ne produit pas seulement des formes artistiques, mais participe à la construction d’un patrimoine contemporain fondé sur l’expérience partagée. L’en-commun y apparaît comme un processus en devenir, ouvrant la réflexion sur les liens entre patrimoine, identités collectives et traité du commun.

III. Traité du Patrimoine Contemporain et des Identités Collectives

En 2018, au lendemain de la publication du Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain par Felwine Sarr et Bénédicte Savoy, doual’art s’est interrogée sur la nature et le devenir de ce patrimoine. Cette réflexion a ouvert une brèche plus large : comment penser l’héritage aujourd’hui, non seulement comme un legs à transmettre, mais comme un processus collectif à redéfinir dans le présent ? Autrement dit, de quelle manière le patrimoine peut-il devenir un espace actif de construction du commun plutôt qu’un simple objet de conservation ou de revendication ? C’est dans cette autre dynamique que s’inscrit la démarche de doual'art en invitant diverses formes de créations artistiques au sein de son espace.

 

Dans la trame des restitutions, la thématique Patrimoine contemporain et Identités collectives constitue le fil conducteur des initiatives de doual’art qui visent à explorer les pratiques culturelles et les expressions urbaines dans le Cameroun actuel. Elle a été déployée notamment auprès des jeunes artistes à travers des expositions collectives comme ART et le COJES (Concours Jeunes Espoirs), toutes deux conçues comme des préludes aux SUD et dédiées à la prise de parole créative des nouvelles générations. Ces dispositifs ont permis aux artistes émergents d’interroger, expérimenter et représenter le patrimoine sous ses formes actuelles, en valorisant les gestes, les langages hybrides et les inventions sociales qui façonnent les identités collectives. L’ensemble de ces projets nourris aujourd’hui le débat national sur la redéfinition de la patrie – non comme un héritage figé, mais comme un espace interactif où se construisent la mémoire, l’expérience et le commun.

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Oumarou Dizoumbe, Kmer-linguiste, 2020, installation, dimension variable. © Photo : doual’art

L’installation picturale et sonore « Kmer-linguiste » de Oumarou Dizoumbe présentée dans le cadre de l’exposition ART2020 valorise le Camfranglais comme patrimoine vivant du Cameroun. Ce projet explore cette langue hybride, fruit d’un métissage entre français, anglais et langues locales, née dans les années 1970 et aujourd’hui largement utilisée par les jeunes à travers le pays. Bien qu’informelle et souvent taboue, cette langue incarne un processus collectif créatif, témoin d’une mémoire historique partagée et vecteur d’unité au-delà des clivages socio-ethniques.

Dans le cadre du COJES (2022), plusieurs créations ont mis en évidence la manière dont le patrimoine contemporain peut devenir un espace de l’en commun. L’installation vidéo La Piole (2021) de Leuna Boumbimboo illustre cette dynamique en valorisant les repas emblématiques du Cameroun, tels que le ndolé, l’eru, le poulet DG, le taro-sauce jaune ou encore le beignet-haricot-bouillie. Ces mets, qui transcendent les frontières ethniques, participent à la formation d’une humanité gustative partagée et transforment la cuisine et le repas en une expérience à la fois collective, esthétique et politique. Dans une perspective comparable, Emmanuel Mbote avec Toghu (2020) et Louise La Fortune Sombga avec Guide (2020) célèbrent le patrimoine textile camerounais, en particulier les tissus du Nord-Ouest et de l’Ouest, notamment le Toghu et le Ndop. Ces étoffes, portées lors de grandes manifestations internationales telles que les Jeux olympiques de Londres 2012, témoignent de leur forte portée symbolique bien au-delà des appartenances ethniques.

Ces différentes initiatives consacrées au questionnement du patrimoine contemporain ont ouvert un champ de réflexion plus large sur l’histoire elle-même, pensée comme un dispositif critique capable de produire de la conscience collective et d’engager une réappropriation active des territoires et des mémoires.

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Leuna Noumbimboo,  La piol, 2021, installation vidéo,2 min 08 s.

©   Photo : doual’art

IV. Une relecture critique de l’histoire comme condition d’une conscience collective

La mémoire collective constitue un espace privilégié pour explorer l’en-commun, non comme simple conservation du passé, mais comme outil actif de réflexion et de réappropriation critique. Pour doual’art elle permet de comprendre comment les histoires et les territoires façonnent les identités collectives et comment le patrimoine peut devenir un vecteur de dialogue et d’expérience partagée. En croisant archives, pratiques contemporaines et médiation culturelle doual’art, à travers ses projets récents, investit cette dimension, ouvrant ainsi des espaces où le public peut questionner le passé et ses impacts sur le présent.

 

Dans cette perspective historique, le Kamerun colonial allemand (1884–1914) apparaît comme le moment d’instauration d’une unification administrative imposée qui bouleverse profondément les coutumes et reconfigure les liens sociaux préexistants. La partition franco-britannique de 1916 introduit ensuite une dualité structurelle durable, marquée par l’installation de deux cultures administratives, de deux langues officielles et de deux systèmes juridiques distincts. Les périodes d’indépendance et de réunification qui suivent accélèrent les transformations institutionnelles sans laisser le temps nécessaire à l’élaboration d’un horizon commun véritablement partagé. De ces fractures historiques émerge une tension persistante : la nation peut exister comme construction juridique et territoriale, tandis que la conscience collective demeure instable, oscillant entre l’ordre institutionnel et l’expérience vécue des habitants.

 

Ces catégories administratives ont progressivement été intériorisées par les populations et normalisées dans les représentations collectives. Avec le temps, elles ont contribué à façonner des perceptions mutuelles souvent marquées par la méfiance. Après l’indépendance du Cameroun en 1960, certaines dynamiques politiques ont parfois réactivé ces cadres d’interprétation hérités de la période coloniale. Leur mobilisation a eu plusieurs effets : elle a renforcé des hiérarchies symboliques entre groupes, alimenté des rivalités à l’échelle locale et régionale, et fragilisé l’émergence d’une véritable idée de « patrie commune ». Dans ce contexte, les appartenances ethniques, perçues comme fixes et structurantes, ont souvent pris le pas sur les solidarités nationales, rendant plus difficile la construction d’un imaginaire politique partagé à l’échelle du pays.

 

L’exposition Il était une fois la naissance du Staat Kamerun (1884–1914) s’inscrit dans cette réflexion en explorant la genèse coloniale de l’État et ses effets durables à travers un dialogue entre archives, artefacts historiques et œuvres contemporaines, afin de réinterroger les processus par lesquels l’histoire façonne les imaginaires politiques et les mémoires collectives.

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Il était une fois la naissance du Staat Kamerun, 1884–1914, détail salle exposition Musée National de Yaoundé, 2024.

Force est de constater que des identités autrefois souples, mouvantes et évolutives ont progressivement été figées en blocs perçus comme permanents. Cette rigidification s’est souvent opérée au détriment d’un imaginaire collectif partagé et a parfois constitué un point de discorde entre certains leaders indépendantistes.

Face à cet héritage, plusieurs artistes contemporains proposent des voies de réflexion et de réparation symbolique. Dans sa série de portraits Cameroonian Heroes (2013), Hervé Youmbi revisite les figures historiques et culturelles du Cameroun afin d’interroger les récits identitaires et leurs constructions. De son côté, Justin Ebanda, à travers l’exposition Pa(e)nser le Vivant présentée en 2022 à doual’art, invite à repenser les formes de coexistence et de mémoire collective. Leurs démarches ne consistent pas seulement à guérir des effets de la colonisation, mais aussi à réhabiliter des récits communs capables de nourrir la construction d’une mémoire partagée.

En définitive, cette exploration montre que la mémoire, loin d’être un simple héritage figé, peut devenir un espace vivant d’expérimentation, de dialogue et de réconciliation. Elle ouvre ainsi la possibilité de repenser la patrie comme un territoire partagé, façonné par l’entrelacement de l’histoire, des expériences vécues et d’une identité collective en constante redéfinition.

Conclusion

Au terme de cette analyse, il apparaît que l’ensemble de ces réflexions et projets révèle la manière dont doual’art a investi le patrimoine contemporain et les identités collectives comme un espace vivant de dialogue, d’expérimentation et de recomposition du commun.

Qu’il s’agisse de valoriser des langues hybrides, des pratiques culinaires, des textiles ou encore de revisiter les archives et l’histoire coloniale, l’institution montre que le patrimoine ne constitue pas uniquement un héritage à conserver. Il peut également devenir un vecteur d’expériences partagées et un levier pour nourrir une conscience collective.

La liste des initiatives et des projets portés par doual’art autour de cette thématique est particulièrement vaste. Les exemples évoqués ici ne représentent ainsi qu’un échantillon illustratif de la richesse et de la diversité des démarches mises en œuvre pour penser la patrie et l’identité comme des constructions dynamiques, ouvertes et inclusives.

Notes

1. Felwine Sarr, Afrotopia, édition Philippe Rey, Paris, 2016, 158 pages.

2. Benedict Anderson, L’Imaginaire national : Réflexions sur l’origine et l’essor du nationalisme, édition La Découverte, Paris, 1996, 216 pages.

3. Fatou Diome, Le Ventre de l’Atlantique, éditions Anne Carrière, Paris, 2003, 295 pages.

4. Nicolas Bourriaud, Esthétique relationnelle, édition Presses du réel, Collection Documents sur l’art,1998, 122 pages.

5. Commandé par le président français Emmanuel Macron et remis en novembre 2018, le Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain : Vers une nouvelle éthique relationnelle, rédigé par Felwine Sarr et Bénédicte Savoy, analyse les conditions juridiques, historiques et politiques de la restitution des œuvres africaines conservées dans les musées français. Ce rapport propose également de repenser les relations patrimoniales entre l’Afrique et l’Europe en posant les bases d’une nouvelle éthique relationnelle.

6. Constance Mbassi Manga, Language, home, and belonging in migratory contexts : The case of camfranglais, first edition, Routledge edition, New York, 2025, 280 pages.

7. Projet itinérant initié portée par doual’art, le Musée National et le Goethe-Institut Kamerun du 30 octobre 2024 au 02 décembre 2025. Elle fut montrée au Musée National du Cameroun à Yaoundé et au Palais de la Culture Sawa à douala.

8. Pour les indépendantistes camerounais, la nation n’est pas une simple construction administrative héritée de la colonisation. Elle est d’abord un projet politique et moral d’émancipation collective, fondé sur la dignité, la souveraineté et l’unité des peuples du Cameroun au-delà des appartenances ethniques ou régionales. Chez des figures comme John Ngu Foncha, Rudloph Douala Manga Bell, Ruben Um Nyobè, Félix-Roland Moumié, Ernest Ouandié, etc. la nation se définit par :

• la libération du joug colonial et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ;

• la refondation d’un vivre-ensemble fondé sur la justice sociale et l’égalité ;

• la reconnaissance d’une communauté de destin, où la diversité culturelle n’est pas un obstacle mais une richesse. Ainsi, la nation, telle qu’ils la pensaient, ne devait pas reproduire les catégories imposées par l’administration coloniale, mais réunir des identités plurielles dans un horizon commun de lutte, de responsabilité et d’avenir commun.

9. Série très récemment complétée par le portrait de Mongo Beti et présentée dans le cadre de l’exposition Ville Cruelle (doual’art).

Bibliographie

- Benedict Anderson, L’Imaginaire national : Réflexions sur l’origine et l’essor du nationalisme, édition La Découverte, Paris, 1996, 216 pages.

- Constance Mbassi Manga, Language, home, and belonging in migratory contexts : The case of camfranglais, first edition, Routledge edition, New York2025, 280 pages.

- Fatou Diome, Le Ventre de l’Atlantique, éditions Anne Carrière, Paris, 2003, 295 pages.

- Felwine Sarr, Afrotopia, édition Philippe Rey, Paris, 2016, 158 pages.

- Nicolas Bourriaud, Esthétique relationnelle, édition Presses du réel, Collection Documents sur l’art, 1998, 122 pages.

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© Photo : Ismail Nsangou

Patrick Ngouana

Basé à Douala (Cameroun), Patrick Ngouana est critique d’art et commissaire d’exposition à l’Espace doual’art.

Son travail explore aujourd’hui les crises contemporaines. Au-delà de leurs manifestations apparentes, il questionne la résistance, la résilience, ainsi que les héritages historiques, sociaux et culturels, les mémoires collectives et les dynamiques de pouvoir dans les sociétés africaines.

Lauréat du prix de la critique d’art des RIAC (Rencontres Internationales des Arts Contemporains) en 2021, il a participé à de nombreuses résidences curatoriales de réflexion et d’écriture. La dernière en date, Asiko Art School, s’est tenue au Caire (Égypte) sous la thématique « holding memory ».

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